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Un Rubens ou presque à Andenne

Publié le 13 juin 2012

 

À la suite du lancement d’une campagne d’archivage des documents anciens du musée de la céramique, nous avons eu l’opportunité d’en apprendre davantage sur une des œuvres remarquables conservées à Andenne. En effet, cette démarche a permis de faire un focus sur une peinture exceptionnelle entreposée dans nos réserves depuis quelques dizaines d’années. Il s’agit d’une copie d’un tableau du maître anversois Pierre-Paul Rubens (1577-1640).

Grâce aux informations livrées par ces archives, nous pouvons retracer l’histoire du tableau, de sa création à son arrivée au musée. Cette peinture a été réalisée en 1947 par l’artiste bruxellois Alphonse Verheyen (1903-1990) pour M. Gonze. C’est à ce dernier que René Garant, président de la Commission administrative du musée andennais, achète l’œuvre pour la somme de 30.000 francs lors d’une vente publique le 21 juin 1971. Un reçu datant du 22 juin 1971 témoigne de cette transaction. Notons qu’Alphonse Verheyen, grand portraitiste belge, fut amené à restaurer certaines œuvres notamment de Pierre-Paul Rubens. Il est également l’auteur d’un portait d’Honoré Van Wayenberg (1891-1971), recteur de l’UCL de 1940 à 1962, actuellement exposé dans la salle des Promotions des Halles universitaires à Louvain.

L’œuvre originale de Rubens a été probablement peinte entre 1612 et 1615. Elle appartenait à la collection du duc de Buckingham et fut vendue aux enchères en 1648. Ensuite, elle figure en 1718 dans l’inventaire du château de Prague, patrimoine des Hasbourg, avant d’entrer au Kunsthistorisches Museum de Vienne (http://www.khm.at) où sont exposées les collections d’art du 16e et du 17e siècle. Le support et les dimensions de notre exemplaire varient de l’original. L’œuvre de Rubens, réalisée sur un panneau en chêne, mesure 76 cm sur 94 cm tandis que la peinture de Verheyen est exécutée sur une toile de 89 cm sur 114 cm.

Les sujets du tableau sont un homme et une femme présentés en vêtements d’apparat à la mode du XVe siècle dans les Pays-Bas du Nord. Selon une gravure du tableau faite par l’artiste Frans van den Steen, les personnages seraient « saint Pépin premier, duc de Brabant et sainte Bègue sa fille, fondatrice du couvent d’Andenne près de Namur » et il ajoute que « Rubens peignit ce tableau d’après ˝d’anciennes images˝ ». L’Histoire nous raconte que Pépin de Bourgogne était un défenseur de l’Église sous le roi Dagobert au 7e siècle. Sa fille Begge, fondatrice d’Andenne, épousa Anségise et de leur union, naquit un fils, Pépin, initiateur de la dynastie carolingienne. De récentes études réalisées dans le cadre de l’exposition « Rubens, l’atelier du génie » organisée par les Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, en automne 2007, apportent une autre hypothèse quant à l’identification de l’homme. Il semblerait que Begge soit représentée en compagnie de son époux et non de son père. De plus, la main posée sur le ventre indiquerait peut-être qu’elle est déjà enceinte de leur fils, Pépin de Herstal.

Déborah Breynart

Etudiante en histoire de l’art