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Un nouveau « Richardot » au Musée de la céramique

Publié le 6 novembre 2009

 

Un nouveau « Richardot » au Musée de la céramique d’Andenne

La Ville d’Andenne vient d’acquérir d’un collectionneur privé pour son Musée de la céramique, une pièce exceptionnelle de la fin du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un ravissant petit groupe en biscuit de terre de pipe vraisemblablement dû au talent d’un artiste renommé : Jacques Richardot. L’œuvre est bien connue et publiée dans plusieurs ouvrages spécialisés.

 

 

 


Une description de l’oeuvre

Deux chérubins potelés et souriants, nus, en terre blanche, jouent avec un agneau. L’enfant de gauche, debout, tient de la main droite une branchette fourchue et de la gauche une tige surmontée d’une fleur à cinq pétales. Le second, à droite, est assis sur une pierre de la rocaille à laquelle tous deux sont adossés. Lui, il tient de la main droite, à mi-longueur, l’extrémité d’un ruban noué autour du cou de l’animal ; il lève le bras et la jambe gauches, l’index légèrement fléchi. On peut admirer la qualité d’expression de la physionomie des enfants, la finesse de leur chevelure et le naturel de leurs gestes.La facture de l’agneau, en terre blanche également, est tout aussi soignée : toison aux boucles laineuses, sabots fendus, regard attentif, museau bien dessiné. La rocaille, formée de blocs empilés et parsemée de touffes fleuries qui surgissent d’entre les pierres, a le sommet enserré par les longues racines verticales d’un arbre étêté et trapu qui la surmonte et dont chaque feuille est délicatement ciselée au naturel. De certaines touffes de feuilles jaillissent des fleurs remarquablement délicates. Le socle est rond et simule un sol herbeux. Tous les éléments végétaux et rocheux sont modelés en terre rose.

L’artiste

Jacques Richardot est né à Lunéville en Lorraine le 28 juillet 1743. Il est mort à Andenne le 18 octobre 1806. Il a appris son métier de sculpteur et de modeleur de terre de pipe dans la fabrique lunévilloise de Jacques Chambrette, son parrain, où travaillait déjà son père, Claude Richardot. Comme beaucoup d’artistes de son époque, il a beaucoup voyagé d’une faïencerie à l’autre, au gré des offres qui lui étaient proposées. C’est ainsi que l’on trouve sa trace, après le départ de toute sa famille de Lunéville, à Bruxelles qu’il quitte brièvement pour Mariembourg, à Liège, à Saint-Servais, à Andenne, à la manufacture de porcelaine d’Etterbeek et puis, à nouveau à Andenne, où il termine sa vie dans une certaine détresse.
Si la réputation, méritée sans doute, de Jacques Richardot prédomine sur celles de son père Claude et de son fils Ghislain, un doute subsiste néanmoins quant à la main qui a façonné certaines œuvres attribuées à Richardot ou, devrait-on dire peut-être, à l’un des Richardot.
L’œuvre qui enrichit ainsi les collections du Musée de la Céramique d’Andenne apporte un complément très intéressant à celles qui figurent déjà dans la collection Godart dont l’exposition a été inaugurée en mai 2006.

Léon J. Hauregard