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Terre opaque et dense, cuite à une température élevée d’environ 1250°C comme la porcelaine, le grès est une céramique vitrifiée parfaitement étanche, résistant aux acides, solide, sonore et capable de défier le temps. La technique du grès salé « grand feu » protège et décore l’objet. Le salage des pièces en fin de cuisson consiste à projeter du sel (chlorure de sodium) dans les alandiers des fours. Sous l’assaut direct des flammes, le sel se décompose. Le chlore fixe les émaux, les patinant d’un vif éclat, tandis que le sodium recouvre les objets d’une belle glaçure irisée. Cette cuisson à flamme directe s’appelle le « grand feu » et nécessite des fours performants et complexes.

 

Une première salle est dédiée aux grès industriels :

A partir de 1870, les grès industriels et les produits réfractaires fabriqués à Andenne, indispensables aux industries, supplantent faïences et porcelaines en s’adaptant aux besoins nouveaux.
On peut citer les mitres ou anti-refouleurs en grès disposés sur les cheminées pour en améliorer le tirage (encore visibles sur certains toits andennais) ou encore les touries en grès anti-acide fabriquées chez Daenen destinées à contenir des produits corrosifs tels que ceux utilisés dans l’industrie photographique. Le dernier fleuron de la production andennaise, bien que ne contenant plus d’argile locale dans sa composition, a consisté en une busette rotative servant à canaliser la coulée continue dans les aciéries. Elle était fabriquée à l’usine Belref sous brevet japonais et cuite dans un four-tunnel long d’une centaine de mètres. Malheureusement, victime de restructuration et de délocalisation l’usine de produits réfractaires d’Andenne a fermé ses portes en 1994.
Dans cette salle, on trouve aussi des tuiles, notamment en forme d’écailles de poisson, des faîtières ornant jadis la cime des toits, des éléments de façade et mascarons qui étaient également des céramiques produites à Andenne.

 

 

 

Dans une deuxième salle, le Musée vous présente plusieurs artistes tels que :

  • Arthur Craco (Saint-Josse-ten-Noode 1869 – Etterbeek 1955)

Ce sculpteur, qui pratique également le dessin et la gravure (dont la thématique est le plus souvent religieuse) va aborder le travail de la terre à la fin du 19e siècle dans l’atelier du potier Emile Declercq à Rebaix. Avec ce dernier, il souhaite contribuer au renouveau de la céramique artistique. Formes et décorations de ses pièces sont empruntée à la nature.

A Andenne, après la première guerre mondiale, il découvre la derle qui est pour lui une révélation de même que les fours industriels de grande capacité et le savoir-faire d’Emile Losson et Edouard Daenen, fabricants andennais. Dans leurs ateliers, il va pouvoir fabriquer des pièces en grès parfois monumentales et créer des effets grâce à des combinaisons d’émaux de couleurs et de textures différentes.

 

  • Léon Philippot (Focant 1885 – Andenne 1972)

Cet artiste aux multiples facettes (peintre, sculpteur, poète, photographe,…) ne produira que quelques œuvres en céramique telles que « Les marabouts, « Le baiser » et « La valse ».

 

  • Henri Javaux (Bruxelles 1892 – Andenne 1976)

Industriel dans le domaine du textile à Gand et à Bruxelles, il s’installe à Andenne en 1921.

Il militera pour un musée, le Musée de la céramique inauguré en 1933 dans l’ancien hôtel de ville d’Andenne situé place du Perron. Il écrit l’histoire des pipes en terre d’Andenne.

Il pratique aussi la céramique qu’il a apprise chez Daenen et fut récompensé par un grand prix à l’Exposition internationale de Liège pour son œuvre « Pensée à Rodin ».