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La faïence fine ou terre de pipe, à pâte poreuse, est blanche et recouverte d’un émail plombifère transparent laissant voir la couleur de la terre. Elle se cuit en deux fois. Une première cuisson, vers 850°C, permet d’obtenir un biscuit. Celui-ci décoré, puis émaillé, subit alors une deuxième cuisson à 1100°C.

En Belgique, seules six villes produisent des faïences fines au 18e siècle – dans l’ordre chronologique – Liège, Namur, Attert, Arlon, Andenne et Nimy. Ces manufactures survivront dans la mesure de leur adaptation aux événements politiques et économiques de la fin du 18e et du 19e siècle.

 

Dans cette salle, le Musée vous présente plusieurs céramistes et artistes tels que :

  • Joseph Wouters

La production de faïence fine à Andenne commence en 1783. Cela peut paraître tardif puisque la matière première était présente dans le sous-sol andennais et commercialisée depuis le Moyen Âge. C’est Joseph Wouters, originaire de Louvain et dont la famille détient le monopole du commerce de la terre plastique dans la région, qui lance la production de faïence fine à Andenne et construit successivement deux usines en bord de Meuse. Pour parvenir à ses fins, il visite d’abord les plus grands centres faïenciers européens et engage du personnel issu de Septfontaines, de Lorraine et d’Angleterre. En 1785, sa première manufacture reçoit, pour dix ans, de l’empereur Joseph II, le titre avantageux de « Fabrique impériale et royale ». Le succès est fulgurant mais en raison de l’instabilité politique et d’une mauvaise gestion, Joseph Wouters est exclu de cette usine, avant d’en bâtir une seconde, non loin, quelques années plus tard (1800).

  • La famille Richardot

Jacques Richardot, sculpteur et modeleur de terre, a beaucoup voyagé. C’est pour cette raison qu’on trouve sa trace dans plusieurs villes dont Andenne.

Sa réputation prédomine celle de son père, même si un doute subsiste quant à la main qui a façonné certaines œuvres attribuées à Richardot ou devrait-on dire souvent « à l’un des Richardot ». Ghislain, le fils de Jacques, était également connu comme modeleur.

  • Bernard Lammens

Ce négociant gantois reprend la deuxième fabrique de Joseph Wouters en 1807 jusqu’à sa faillite en 1823. Sa production est diversifiée et de qualité. Il n’a pas hésité à investir dans un souci de rentabilité et de profit. Il est sans doute parmi les premiers dans nos régions à avoir utilisé la technique anglaise de décoration par impression. L’atout de ce procédé économique était de permettre la reproduction de décors monochromes avec un gain de temps considérable tout en correspondant au goût anglais fort apprécié sur le continent.