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Créations de Fang-Yi Chu

Publié le 25 mai 2010

 

Entre Objet et Image de la Mémoire

En deimg_w001_012s temps reculés, à l’époque où les mots étaient absents, la race humaine utilisait le langage du corps pour communiquer. Un peu plus tard, l’Homme créa des symboles pour délivrer des messages précis. Et donc l’utilisation des images comme vecteur de communication existe depuis toujours.

Après des milliers d’années, la capacité de l’homme à pouvoir lire et imaginer n’a jamais cesser d’être, mais la forme et l’existence de la signification des symboles sont conditionnées par la société, les lois et l’éthique. Ainsi, l’étendue de leur connaissance est en déclin, de plus, la capacité à créer l’image et l’imagination ont déjà disparu.

Chaque être humain utilise sa propre expérience de la vie et sa connaissance pour interpréter les images non identifiées et l’imaginaire. Par exemple, les gens vont chercher une interprétation et une explication dans leurs souvenirs pour percevoir un objet familier, mais si aucune bonne réponse n’est trouvée, les hommes commencent alors à penser, imaginer, explorer des champs inconnus jusqu’à ce qu’ils trouvent un souvenir d’une image qui leur est familière sans toutefois être reconnue. Je crois profondément que nous avons une mémoire et un attachement à certaines images présentes dans notre subconscient. Une image ne nous rappelle pas toujours exactement la même expérience ou le même souvenir; au contraire, des expériences et souvenir identiques ne refléteront pas toujours la même image. Les images peuvent être simplifiées et être des symboles abstraits d’objets tout en partageant un langage de communication. J’espère, à travers ces objets, que l’esprit des spectateurs fasse ressurgir des images et des souvenirs profondément cachés.

Je considère un objet comme une image tridimensionnelle, un moyen d’exprimer une conscience et des émotions subjectives et une représentation de souvenirs, d’émotions, d’imagination. Je choisis des images d’objets de la vie des débuts jusqu’à nos jours puis je les transforme en contours abstraits après un processus de formation, de division et de reformation des images. Les personnes penseront donc et chercheront des formes qui existent dans leur esprit, ces formes qui sont partagées sous forme de souvenir, d’émotion, d’imagination et de langage.

Le rêve, la continuité de la Mémoire

Parfois la limite entre la mémoire et l’objet est très floue. Le temps passe, les souvenir peuvent devenir des fragments, s’affaiblir ou simplement ne laisser que des sentiments. Les objets peuvent ne plus exister mais seules les images de ceux-ci persistent. Il y a des liens et des connexions entre la mémoire et l’objet. Ces liens ont un effet à double-sens. Cette relation complexe est ce que j’essaie d’exprimer dans « Objet Image Mémoire », un nouveau sujet qui a surgi à ce stade de ma création. L’idée est de chercher des souvenirs identiques qui perdurent dans le subconscient à travers des images. Elles représentent également l’impact du temps qui les change et transforme. On peut retrouver une capacité de création et d’interprétation des objets en cherchant des images et des connexions à des souvenirs.

Les gens rêvent de ce qu’ils ont pensé. Est-ce que les scènes et l’imagination qui surviennent dans nos rêves sont révélatrices de ce que nous pensons dans notre vie, ou notre désir réprimé ? Nous avions l’habitude de comprendre notre état d’esprit ainsi que le futur à l’aide des images apparaissant dans les rêves. Est-ce que ces rêves sont conditionnés par nos désirs refoulés par notre subconscient ou notre instinct animal ?
Quand le Ca et le désir sont refoulés par les normes sociales, les désirs du subconscient peuvent être révélés par les rêves. Comme Sigmund Freud disait, le rêve est la porte d’embarquement du subconscient, et le contenu de nos rêves apparaît dans des réalités déformées, représentés sous la forme de symboles. Dans la série « Objet, Image, Rêve », je cherche à créer un espace intime rempli de fantaisie et d’émotions où les désirs illusoires changés par le subconscient et par l’impulsion fantaisiste déconstruisent les perceptions réalistes.

Dans l’exposition « La vie entre la mémoire et le rêve », les idées fantastiques et indéfinies sont en constante agitation.