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Georges Weemaels

Publié le 25 novembre 2010

 

Georges Weemaels georges-weemaels-pollution-premiere-et-derniere-ballade1
Pollution, première et dernière ballade
1973
Huile sur toile

Cette œuvre réalisée en 1973 est la plus symboliste et surréaliste de Weemaels. Elle annonce les œuvres dénonciatrices par les sujets qui sont évoqués. Toutefois ce sont les couleurs joyeuses qui dominent. Elle reflète aussi la peur du vide des compositions de l’artiste où chaque centimètre carré est abondamment rempli de maints détails.

Dans le coin supérieur gauche, il s’élève contre la pollution en représentant une cheminée d’usine crachant des flammes, des cendres, de la fumée détruisant sur son passage le paysage immédiat. Au centre de la composition, Weemaels s’est représenté assis, une canne blanche au bras et aux yeux, une paire de lunettes noires. Ses yeux sont schématisés dans les arbres morts. Weemaels a voulu représenter un événement important qui a marqué sa vie : sa maladie aux yeux.
En 1967, il a, en effet, cru perdre la vue. Ses yeux conceptualisés figurent en leitmotiv dans les œuvres fortes de Weemaels, incarnant le regard terrible qu’il pose sur les événements. L’artiste s’est de nouveau représenté en bas à gauche, cette fois, en toute quiétude, entouré de ses fleurs préférées, les tournesols et les coquelicots. Le hibou apparaît pour la première fois. Il deviendra ensuite récurrent dans les œuvres d’actualité. Il symbolise peut-être comme dans les œuvres de Bosch, le mal, la fourberie, le mensonge… Il semble être le dénonciateur.

La moitié droite du tableau évoque l’affaire Peers, médecin namurois qui a été arrêté et inculpé pour avoir pratiqué plus de 300 avortements.
Il représente une femme enceinte, sa valise à la main, qui se dirige sur un chemin où l’attend un arbre-clinique mi-mort (avortement), mi-vivant (maternité). Un diable entraîne un corps vers une potence-tournesols fanés où trois corps sont déjà pendus (une crucifixion ?). Des corbeaux volent dans le ciel bleu azur. En bas à droite, on observe un dépotoir et de la pollution. Sur une table renversée, au cœur de l’œuvre, il signe G. Weemaels.
Une méditation sur la vie et la mort, les temps heureux ou le pessimisme ?