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Collection d’outils

Publié le 4 mars 2010

 

Ensemble d’outils en usage dans les exploitations de terres plastiques du Condroz andennais.

Au  moyen âge, la terre plastique était librement exploitée. Au début du 16e siècle, les Chanoinesses qui dirigeaient Andenne s’aperçurent que l’argile pouvait être source de profit.  Ainsi, la première concession date de 1532.

Vraisemblablement, les premiers gisements se présentaient-ils sous forme d’affleurements.  Par la suite, l’extraction de la derle se fit en profondeur en accédant au front de taille par puits et galeries.

Les méthodes d’extraction, visant à découper l’argile en gros blocs, ont connu peu de perfectionnements. Le procédé le plus ancien faisait usage de « l’ostèye – l’outil ». Il s’agit d’une sorte de pelle à lame triangulaire d’environ 30 cm de long, perpendiculaire à un manche en bois.  La lame, préalablement humidifiée, était enfoncée par à-coups dans la terre de manière à y tracer un quadrillage constitué de fentes verticales et horizontales, profondes de 30 à 50 cm et distantes de 50 cm.  Les blocs ainsi délimités étaient ensuite détachés du front de taille à la houe. Un seul de ces blocs pouvait peser jusqu’à 100 à 150 kilos.

« L’ostèye » fut remplacé par « la gratte », en wallon « grète » ou « grèteuse », tige en acier longue d’environ 1 mètre, dont l’extrémité recourbée présente deux tranchants.  Le principe du quadrillage est conservé mais l’emploi de « la gratte » permet d’extraire plus vite et avec moins d’efforts des blocs beaucoup plus gros, pesant jusqu’à 300 kilos.

Un troisième procédé dit « au fil » est introduit vers 1935.

On commence par pratiquer des fentes verticales au front de taille au moyen de « la gratte » de façon à délimiter des piliers.Intervient alors le nouvel outillage qui consiste en un fil d’acier, d’environ 1 mm de diamètre et de 0,80 à 1 mètre de long dont une des extrémités est fixée à une longue aiguille pointue en fer et l’autre reliée à un manche en bois rond et appointé appelé « yo-yo ».

On enfonce l’aiguille dans une fente au sommet du front de taille.  L’ouvrier fait tourner le manche en bois de sorte que le fil s’y enroule et, tout en se tendant, découpe la face arrière du bloc.

L’ultime progrès a été l’emploi d’une bêche à air comprimé associée à un compresseur, nécessitant la pose de longues tuyauteries dans le puits et les galeries, système requérant un investissement assez important. Les ouvriers maniant cet outillage, le plus souvent rudimentaire, et déplaçant des charges lourdes, dans une atmosphère confinée et humide, supportaient des conditions de travail très pénibles et dangereuses pour leur santé.  De plus, les accidents (explosions dues au grisou, effondrements, inondations) n’étaient pas rares.

Mais peu à peu, les gisements à faible profondeur se sont épuisés et moderniser l’équipement, afin de descendre plus bas, coûte cher.  La concurrence de terres étrangères exploitées à ciel ouvert, et donc au coût inférieur, accentue encore les difficultés.

En conséquence, dès 1950, le nombre d’exploitations diminue progressivement jusqu’à la fermeture du dernier puits dans les années 70.