Qu’y a-t-il de plus naturel qu’un Musée de la céramique à Andenne ? La réponse à cette question semble aller de soi aujourd’hui puisque le musée est installé dans des bâtiments rénovés, qu’il dispose d’un personnel permanent et que ses collections ne cessent de s’enrichir. On sait, bien sûr, que la tradition de l’extraction et du travail de la terre dans la région andennaise remonte sans doute bien au-delà de leurs premières mentions dans des sources historiques et, peut-être même, des trouvailles archéologiques les plus récentes. Néanmoins les matériaux des premières fouilles réalisées à Andenne ont été conservés à Namur ou à Liège et, pendant longtemps, les pipes, les faïences, les porcelaines, les grès cérames sortis des ateliers andennais à l’époque moderne n’ont pu être admirés que dans des collections privées ou des musées éloignés. L’idée de créer un musée à Andenne devait donc finir par germer. C’est en 1933 qu’elle s’est concrétisée.
Genèse d’un musée
Le 14 mai 1933, les animateurs du jeune Cercle Archéologie et Folklore d’Andenne lancent un appel dans le Courrier d’Andenne. Les premiers dons permettent une ouverture rapide du nouveau musée : l’inauguration a lieu dès le 21 juillet suivant. Les collections sont présentées dans une salle de l’ancien hôtel de ville, place du Perron, mise à la disposition du cercle par l’administration communale.
Les collections s’enrichissant par de nouveaux dons et par les apports de fouilles effectuées par le Cercle, le musée déménage et s’installe en 1960 rue Charles-Lapierre au rez-de-chaussée d’une grosse maison bourgeoise qu’il partage avec divers services communaux. Entre-temps, les charges nées de la gestion d’une institution muséale en pleine croissance étant devenues trop lourdes pour une association de bénévoles, le cercle a cédé l’ensemble de ses collections à la Ville d’Andenne avec laquelle il a signé une convention datée du 20 mars 1959. A partir de ce moment, le musée devient une institution communale et sa gestion est confiée à un comité où sont représentés le Cercle Archéologie et Folklore et le conseil communal. Le président du comité fait office de conservateur jusqu’en 1985 lorsqu’il est décidé de désigner un conservateur en titre. Une nouvelle convention, signée en 1990, associe le Cercle archéologique de Sclayn, disparu depuis lors, à la gestion du musée. Enfin, en 1998, naît l’association sans but lucratif Musée de la céramique d’Andenne dont l’objet principal est la mise en valeur de la céramique andennaise, sans négliger pour autant l’ensemble du patrimoine culturel, folklorique et historique de la ville. Cette dernière association, présidée par l’Échevin de la Culture, M. Yves Sorée, regroupe aujourd’hui, outre des représentants de l’autorité communale et du Cercle Archéologie et Folklore, le conservateur, désigné par le Conseil communal, et des représentants de l’a.s.b.l. Artecérame, organisatrice de la Biennale de la Céramique, de l’a.s.b.l. Archéologie andennaise et du Centre culturel d’Andenne.
Depuis 1985, les infrastructures du musée se sont progressivement développées. Le premier conservateur à être désigné en tant que tel, M. Robert Mordant, prenant la relève des présidents-conservateurs successifs du comité de gestion, MM. Ernest Roumont, René Garant et Jean Dernoncourt, s’attache à agrandir et à moderniser les locaux. Après avoir obtenu de la Ville de disposer tout d’abord de la totalité du rez-de-chaussée du bâtiment de la rue Charles-Lapierre, puis, quelques années plus tard, quasiment de la maison tout entière, il fait acquérir la maison voisine et réalise ainsi un ensemble muséal complet et harmonieux. Dans le même temps, avec les conseils et le soutien du service du Patrimoine de la Communauté française, les salles sont aménagées en vue de mettre en valeur les collections et d’en assurer la présentation de façon esthétique et, surtout, extrêmement didactique. Le financement de tous ces travaux est assuré par la Ville d’Andenne avec d’importants subsides de la Communauté française.
Léon J. Hauregard




