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Détails de l'événement

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Exposition ouverte au public à l’Abbaye du Val-Dieu, les vendredis, samedis et dimanches 9, 10, 11,16, 17, 18,et 23, 24, 25 juillet 2010 de 14 à 18 h.

ENTREE GRATUITE

A partir du 9 juillet prochain le Centre Culturel d’Aubel reprend ses expositions sur le thème général « Les collections privées s’exposent ».

On rappellera brièvement que ces expositions ont pour objectifs d’une part de faire sortir au grand jour des œuvres de collections privées et d’autre part d’ajouter par là un volet artistique supplémentaire aux activités organisées à l’Abbaye du Val-Dieu.exposition_charles_catteau_zoom

Comme thème de la première exposition de 2010, le comité d’accompagnement a choisi de présenter un large échantillon de l’œuvre de Charles Catteau.

CATTEAU est un artiste prolifique bien connu.. C’est un artiste à diverses facettes . Dans le domaine de la céramique, ses vases en grès et en faïence fine, ses statues, ses coupelles et, ce qui est moins connu, ses services de tables, ont fait les beaux jours de Boch Frères. à La Louvière.

Dans le domaine du verre, en tant que designer, il réalisa différents projets pour les Verreries de Scailmont à Manage. Dans l’enseignement, il forma à la peinture décorative, à la céramique, à la gravure sur verre, des dizaines de jeunes parmi lesquels des décorateurs de premier ordre, tels Léon MAIRESSE ou Paul BERNARD.

Si des expositions ont déjà été consacrées à la production de Catteau, l’exposition du Val-Dieu a la particularité de vous offrir, en plus des pièces de décoration, des assiettes de services de table, la plupart de style art déco.

Faut-il ajouter que CATTEAU fut un artiste européen de l’art déco? Des panneaux didactiques vous aideront à le découvrir.

CATTEAU est un artiste prolifique. Il faut le déguster à petites doses. C’est un artiste à diverses facettes . Dans le domaine de la céramique, il est bien connu avec ses vases en grès et en faïence fine, ses statues, ses coupelles, ses pièces en verre et enfin un terrain moins connu, celui des services de tables. Dans le domaine du verre, en tant que designer, il réalisa différents projets pour lesVerreries de Scailmont à Manage. Dans l’enseignement, il forma à la peinture décorative, à la céramique, à la gravure sur verre, des dizaines de jeunes parmi lesquels des décorateurs de premier ordre, tels Léon MAIRESSE ou Paul BERNARD.

Si des expositions ont déjà été consacrées à la production de Catteau, l’exposition du Val-Dieu vous offre un aspect attendu de cette production, celui des vases et des statues, et un aspect inattendu, : celui des assiettes de services de table, la plupart de style art déco.

Les visiteurs seront nombreux à retrouver au Val-Dieu des pièces de Charles CATTEAU qui décoraient les intérieurs de leur famille.
CHARLES CATTEAU,
UN MAÎTRE DE L’ART DECO EUROPEEN

Charles Catteau est né à Douai en 1880. En 1903, il obtient un diplôme d’ingénieur céramiste de l’Ecole nationale de Céramique de Sèvres. Mais en 1902, il travaillait déjà pour la manufacture de Sèvres en vue de réaliser pour elle, dès 1903, dix modèles de vases et deux de coupes émaillées. En 1904, c’est 53 projets de vases qu’il dessine, une partie seulement étant réalisés. En 1904, il est engagé par la manufacture de Nymphenburg près de Munich. Il y travaille comme peintre sur porcelaine et découvre l’art nouveau sous sa forme allemande, le Jugendstil. Au passage, il travaille pour une manufacture de Rambervillers dans les Vosges et épouse une allemande.

En novembre 1906, il arrive à La Louvière où il est engagé comme dessinateur, c’est-à-dire créateur et peintre de décors. Dès 1907, il y devient responsable du département de décoration qu’il baptisera plus tard « Atelier de fantaisie ».

Ses créations restent relativement traditionnelles jusqu’à la guerre de 14-18 pour laquelle il est mobilisé par la France, ayant conservé la nationalité française. Son épouse étant retournée en Allemagne, il divorce et épouse une française. Rentré à la Louvière, ses créations se diversifient.

Dans un premier temps, la flore et la faune l’inspirent et le conduisent à un art nouveau revisité. Il est ensuite rapidement gagné par le japonisme, les décors floraux d’inspiration Louis XVI des débuts de l’art déco, l’africanisme [1] et enfin la stylisation géométrique d’avant-garde de l’art déco. En 1925, Catteau et avec lui toute la manufacture Boch Frères sont prêts à affronter la concurrence internationale à l’exposition des arts décoratifs et industriels de Paris. Le travail de préparation sera payant puisque Catteau s’y verra décerner une médaille d’or.

Parallèlement, Catteau apporte sa pierre à la formation artistique des jeunes de la région du Centre.Il enseigne en effet la « Peinture décorative » à l’Ecole industrielle supérieure de La Louvière, Ecole qui sera rattachée à l’Institut provincial des Arts et Métiers, Institut dépendant de l’Université du Travail du Hainaut.

Sa participation personnelle à la création faiblit toutefois dès 1935. Il ne crée plus d’œuvres aussi nobles et originales laissant la place à ses élèves tout en supervisant (Corrieras, L’homme de Kéramis, p. 63). Il restera néanmoins au service de Boch Frères jusqu’en 1950, année où il prend sa retraite et s’installe à Nice, terminant sa vie en s’adonnant à la peinture produisant des œuvres tout à fait traditionnelle. Il meurt en 1966.

La première étude importante de la production de Boch Frères attribuée à Charles Catteau ou inspirée par lui est l’ouvrage de Corrieras « L’homme de Kéramis, Charles Catteau » (1991). La seconde est le document « Catteau, Donation Claire de Pauw – Marcel Stal » édité par la Fondation Roi Baudouin en 2001 sous la direction de Dominique Allard à l’occasion de cette donation. Parallèlement, la Fondation crée un site internet décrivant les quelque 800 pièces de la donation. La troisième étude, quasi exhaustive cette fois, est l’ouvrage « Art deco ceramics, Made in Belgium, Charles Catteau » de Marc Pairon édité par la Fondation Charles Catteau en 2006 à l’occasion du centième anniversaire de l’arrivée de Catteau en Belgique. Nous situerons les éléments de l’exposition autant que possible dans ce triple cadre, en nous inspirant largement des présentations de pièces du site de la Fondation Roi Baudouin pour les décrire.

De l’atelier de fantaisie sortirent de très nombreux modèles de vases, de statues et d’autres objets de décoration en grès ou en faïence fine qui reçurent systématiquement un numéro de décor et un numéro de forme. Selon Pairon (p. 642), les numéros de décor à attribuer à Catteau et à ses collaborateurs de l’atelier de fantaisie débutent à D 622 en 1920 pour se terminer à D 2791 en 1941. Ces numéros ne permettent pas de dater les objets en question mais donnent en principe l’année de création des décors correspondants.

De cet atelier de fantaisie sortirent également des décors de services de table le plus souvent de style art déco mais parfois empruntés à des modèles du passé. L’exposition présente un certain nombre de pièces venant de ce type de services de table.

Enfin, Charles Catteau s’intéressa également à l’art verrier. En effet, en 1927, il signa un contrat d’exclusivité avec le patron des verreries de Scailmont. Prévu pour 5 ans, ce contrat semble s’être achevé avant terme. Dans ce cadre, il dessina de nombreux modèles sans toutefois mettre la main à la pâte. Il a également réalisé, probablement à l’Ecole des arts décoratifs et industriels de La Louvière où il enseignait, de remarquables doublés-sablés.

[1] Il n’y a malheureusement pas de vase typiquement « africaniste » dans la collection.