Du 19e siècle à nos jours

A partir du début du XIXe siècle, les manufactures se multiplient progressivement, les unes dans certains des bâtiments érigés par Wouters et d’autres dans la ville même. La réunion à la France est un facteur favorable au développement des techniques céramiques et à la mise en valeur des potentialités andennaises.

vase-porcelaine-crs-1bL’absence de main d’œuvre locale, dans les premiers temps au moins, explique l’arrivée de nombreux artisans étrangers, voire d’artistes, parmi lesquels le très connu Jacques Richardot, qui laissera à Andenne un fils et un petit-fils.

En 1810, Andenne accueille Jacques Fourmy, un « chimiste » français renommé, auteur de nombreux travaux dans le domaine de la fabrication de produits nouveaux qu’il qualifie d’hygiocérame et qui sont apparentés à la porcelaine commune. Il s’installe dans la première manufacture de Joseph Wouters, rachetée par l’industriel Aimé-Gabriel d’Artigues, propriétaire de cristalleries à Saint-Louis dans le département de la Moselle et à Vonêche dans celui de Sambre-et-Meuse. Le but des recherches de Fourmy est d’obtenir à bas prix une vaisselle parfaitement hygiénique. Le progrès par rapport à la faïence, dont les éclats sont poreux et absorbent la saleté, est important. Fourmy ne restera à Andenne qu’une douzaine d’années mais il y fera de nombreux émules dans l’art de fabriquer la porcelaine, commune d’abord, plus sophistiquée ensuite.

A côté des fabriques s’est développée une activité de peinture, de dorure et de décoration sur faïence et sur porcelaine blanches.

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L’épisode flamboyant de Camille Renard (1859-1865), bien qu’il soit de courte durée et qu’il précède de peu le déclin de l’industrie porcelainière andennaise, marque un summum artistique et technique. Pourtant cet ingénieur liégeois avait pour activité principale, à l’époque, la gestion d’une usine de produits réfractaires à Seilles. Lorsqu’il quitte Andenne, c’est pour entamer une carrière académique à l’Université et à l’Académie des Beaux-Arts à Liège.

Une salle du musée est consacrée à la dévotion populaire qui s’exprime à travers les statuettes religieuses. Des Saints et des Saintes vénérés localement, des Calvaires, des Descentes de Croix, des Fuites en Égypte et autres scènes illustrant le Nouveau Testament présentent des caractéristiques qui aident, parfois difficilement, à les distinguer des productions concurrentes, comme celles de Bruxelles, par exemple. La rareté des marques rend malheureusement hypothétiques certaines attributions.

Léon J. Hauregard