De ce grand artiste né en 1938, Serge Goyens de Heush, docteur en Histoire de l’Art, écrira : « D’où proviendrait ce silence qui habite les toiles d’André Sprumont, sinon de l’âme même de l’artiste? Mais ce silence, il nous est donné de le « voir », de le percevoir, de l’entendre, seulement grâce aux sortilèges de la peinture qui n’est, faut-il le répéter véhicule ou support de rien d’autre que d’elle-même.
Et pourtant, s’il y a quelque chose de sacré dans l’univers plastique de Sprumont, c’est parce que l’image s’ouvre à autre chose qu’elle même : un tableau, c’est plus qu’une toile colorée, comme une hostie est plus qu’un morceau de pain. Le paradoxe, ou plutôt l’étrange phénomène, à l’oeuvre dans la peinture, du moins lorsque celle-ci « parle », c’est qu’elle soit produite à la fois par la main et par l’esprit, qu’elle soit en même temps matière et fiction, choses et signes, dehors et dedans. En peinture, représenter, c’est rendre présent l’absent.
Pour André Sprumont, peindre, c’est aussi rendre le silence parlant. Comme si l’image était là pour combler un manque … ».
Marcelle Chevalier-Malherbe
Un siècle de peintres à Andenne – Rotary Club d’Andenne et Centre culturel d’Andenne – 1998







